Vous avez opté pour une thermopompe. Reste à savoir où elle puisera sa chaleur : dans l’air extérieur, ou dans le sol sous votre propriété. Les deux déplacent la chaleur au lieu de la créer, d’où leur avantage sur le chauffage par résistance, et notre article sur le fonctionnement d’une thermopompe décrit le mécanisme qu’elles partagent. Cinq critères les distinguent.
1. D’où vient la chaleur. La thermopompe à air puise dans l’air extérieur, gratuit et disponible partout, mais qui refroidit précisément au moment où vous en avez le plus besoin. Un système géothermique puise plutôt dans le sol, et sous environ six mètres le sol québécois se maintient autour de 8 à 10 °C toute l’année, quelle que soit la météo. En climatisation, l’écart s’inverse de façon intéressante : l’appareil à air rejette la chaleur de votre maison dans l’air extérieur et la perd, tandis que la boucle géothermique la remet dans le sol, où une bonne part s’y trouve encore à la saison de chauffage.
2. Le rendement, et ce qui arrive par grand froid. C’est ici que la comparaison est souvent mal présentée, alors soyons précis : une thermopompe à air fournit de deux à quatre unités de chaleur par unité d’électricité, et ce rapport diminue à mesure que la température extérieure baisse. Un système géothermique en fournit de trois à cinq et les maintient tout l’hiver, puisque sa source ne refroidit pas. Ni l’une ni l’autre n’est un appareil un pour un. Un pour un, c’est ce que font les plinthes et les fournaises électriques, et c’est précisément ce que les deux sont conçues pour surpasser. Notre guide sur les indices d’efficacité des thermopompes explique comment lire ces chiffres sur une fiche technique.
3. L’entretien et l’exposition. L’appareil à air se tient dehors et traverse tout ce qu’un hiver québécois impose : neige, glace, gel-dégel, sel de voirie s’il est près de l’entrée. Une boucle géothermique est enfouie et n’en voit rien, et la thermopompe elle-même se trouve à l’intérieur, en espace chauffé. Les deux exigent tout de même deux entretiens par année, un avant la saison de chauffage et un avant la saison de climatisation, et ce que couvre cet entretien est sensiblement le même dans les deux cas.
4. La durée de vie. Comptez une quinzaine d’années pour un appareil à air et près de vingt-cinq pour un appareil géothermique, la boucle enfouie durant bien plus longtemps encore que la machine qu’elle alimente. Cet écart pèse dans la comparaison, car vous ne comparez pas un achat à un autre : vous comparez un achat à un achat suivi d’un remplacement.
5. Ce que permet votre terrain, et la forme de l’investissement. C’est habituellement le critère qui tranche. La géothermie exige une boucle dans le sol, donc du forage et un terrain qui s’y prête, et elle représente l’investissement le plus important au départ en échange du coût d’exploitation le plus bas qui soit. Un appareil à air demande un emplacement à l’extérieur et s’installe en un jour ou deux. Notre article sur ce qu’il faut vérifier avant d’acheter une thermopompe géothermique couvre le volet propriété, et la rentabilité d’un système géothermique le volet financier. Les deux donnent droit à des subventions gouvernementales, ce qui modifie la comparaison plus qu’on ne le croit.
Alors, laquelle. Sur le rendement, la stabilité par grand froid et la durée de vie, la géothermie est le système le plus fort, et lorsqu’une propriété s’y prête et que le propriétaire y reste, c’est celle que nous recommandons. Sur la plupart des terrains, et pour la plupart des propriétaires, une thermopompe à air conçue pour les climats froids est la réponse pratique, et une très bonne : elle fait les deux mêmes métiers, s’installe rapidement et coûte bien moins cher à mettre en place. La version honnête, c’est que cela dépend de votre terrain et de votre horizon, pas de la supériorité d’une technologie dans l’absolu.
Nous installons les deux : nous n’avons donc aucune raison de vous pousser vers l’une. Parlez à un de nos spécialistes et nous vous dirons laquelle des deux convient réellement à votre propriété.


